Comment se développe la mémoire de travail chez les enfants ?

Le développement de la mémoire de travail chez l’enfant est lent et tardif. Les chercheurs du domaine penchent pour une évolution en plateau plutôt que linéaire, avec des pics vers 4-5 ans puis vers 8 ans. Plusieurs facteurs  modulent ce développement.

Tout d’abord, la mémoire de travail s’appuie sur  la mémoire à court terme. Ses différentes composantes ne se développent pas à la même vitesse.
Pour la mémoire auditivo-verbale à court terme (mémoire des informations entendues), on observe chez les enfants, en moyenne, la progression suivante : environ 2 éléments retenus à 2 ans, 5 éléments à 7 ans, 6 à 9 ans et enfin 7 éléments (c’est-à-dire la performance adulte)  à l’adolescence.
Pour la mémoire visuo-spatiale  à court terme (mémoire des informations visuelles comme les lieux, les emplacements, les trajectoires), le développement  est un peu plus plus tardif .

Le développement de la mémoire de travail est lié également à l’augmentation de la vitesse de traitement de l’information ainsi qu’ à l’amélioration des capacités d’attention avec l’âge.

Enfin, il est dépendant de l’acquisition de stratégies, comme par exemple le fait de se répéter dans sa tête les informations pour ne pas les oublier (stratégie d’auto-répétition subvocale). Cette stratégie n’apparaît que vers l’âge de 7 ans. De purement quantitatif, le développement de la mémoire de travail devient alors qualitatif.

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Pour augmenter sa mémoire, il faut améliorer le mécanisme d’encodage

Il n’existe aucune méthode universelle mais des stratégies peuvent être mises en place afin de favoriser un meilleur encodage de l’information en mémoire à long terme. Ces stratégies peuvent varier en fonction du type de mémoire. Voici tout de même quelques exemples généraux :

  • S’intéresser à l’information et la comprendre, se questionner sur celle-ci, c’est-à-dire lui donner
    du sens.
  • Se mettre « en projet de mémoriser ».
  •  Sélectionner les informations les plus importantes, les plus centrales;
  •  Structurer l’information pour qu’elle soit encodée de façon organisée en faisant des listes ou en construisant des schémas visuels);
  •  Établir des relations et des associations entre les nouvelles informations et les connaissances
    antérieures;
  •  Répéter, réactiver et réviser l’information.
  • Utiliser des stratégies mnémotechniques.

 

Les trois mécanismes de la mémoire

La mémoire occupe une place essentielle dans le fonctionnement de l’être humain. Elle est impliquée dans toutes les sphères de notre vie et la plupart de nos activités quotidiennes : se souvenir d’une étape de la recette assez longtemps pour l’exécuter, se rappeler nos rendez-vous du lendemain, garder le souvenir d’une date de fête, d’une connaissance ou d’une information. De plus, c’est sur la mémoire que se fondent les bases de notre personnalité qui se construit, entre autres, au fil de nos expériences. Ainsi, dès notre plus jeune âge, nos impressions, nos réactions et nos actions sont fortement teintées de ces expériences dont le souvenir est stocké en mémoire.

La mémoire fonctionne à partir de  trois mécanismes :
1. l’encodage, c’est-à-dire l’analyse consciente ou inconsciente de l’information en vue de son enregistrement en mémoire;
2. le stockage, c’est-à-dire la rétention et le maintien de l’information sur une période de temps plus ou moins longue. Le stockage passe par un processus de consolidation qui permet de stabiliser et de solidifier les traces de l’information en mémoire;
3. la récupération, c’est-à-dire la capacité à accéder aux informations maintenues disponibles en mémoire.